• Angoisse, douleur de l'esprit

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    Angoisse douleur de l'esprit


    Docteur Philippe Granato


     

    ANGOISSE douleur de l'esprit
     

    L'angoisse est à l'esprit ce que la douleur est au corps. L'angoisse peut se définir comme "un sentiment pénible d'attente", une peur sans objet (Janet)", ou "comme le sentiment d'un danger imprécis et mal définissable (Guyotat)". Elle possède une fonction d'alarme. Autrement dit, l'angoisse est la peur d'un événement à venir dont on ignore la nature. Les limites entre une angoisse normale et pathologique sont floues. L'angoisse "normale" élève le niveau de vigilance, stimule l'activité psychique en facilitant l'attention. L'angoisse devient pathologique lorsque ses manifestations physiques sont source de souffrance pour le sujet. Dans ce cas, l'angoisse s'associe à des manifestations physiques telles le tremblement, la difficulté à respirer, les palpitations, les douleurs thoraciques, l'augmentation du rythme cardiaque, l'augmentation de la tension artérielle etc...

    Il est difficile d'affirmer qu'une douleur somatique est spécifique de la souffrance d'un organe donné. Le plus souvent, la douleur d'une région est évocatrice de la souffrance d'un organe. Ainsi, il n'est pas aisé de rattacher une douleur abdominale à l'atteinte spécifique du foie, de l'appendice ou d'un autre organe. Il en est de même en psychiatrie. L'angoisse est évocatrice de la souffrance de l'appareil psychique. Néanmoins, certaines caractéristiques orientent le psychiatre. La cause de cette souffrance peut être réactionnelle à un événement de vie, extérieure à l'individu et donc compréhensible (deuil, séparation, maladie, etc...). Le sujet a conscience de sa douleur psychique qu'il parvient à verbaliser. Néanmoins, dans certaines situations le dysfonctionnement croissant de l'appareil psychique conduit à une angoisse Si importante que l'inter locuteur en est troublé et lui-même angoissé. L'exacerbation de l'angoisse finit par aboutir à la non-perception de cette dernière et de la réalité extérieure. Dans cette situation, le disfonctionnement psychiatrique est imprévisible et difficilement associé à un événement extérieur. L'évaluation de l'angoisse prend en compte :

    .la durée d'évolution,

    .l'intensité de son expression

    .l'existence ou non d'un événement de vie qui est à l'origine de l'angoisse

    .le retentissement dans la vie sociale et professionnelle du sujet

    .les répercussions sur la vie des proches

    L'angoisse peut s'installer insidieusement sans cause évidente et envahir l'ensemble des situations au quotidien. Le sujet se recroqueville dans son domicile à l'abri du monde extérieur. L'angoisse, vaporeuse, peut se cristalliser sur des objets ou des situations précises. Dans ces cas, elle prend le nom de phobies : peur de traverser un pont, peur des grands espaces, peur de parler en public, etc... A contra no, l'angoisse peut toucher un sujet sain de façon brutale et inattendue. Elle prend le nom d'attaque de panique. Ce type de manifestations peut se reproduire de façon imprévisible conduisant à la peur d'avoir peur.

    L'intensité permet d'affiner la description de la douleur physique. Ainsi, chacun de nous est compatissant face à une douleur migraineuse autant il se retrouve directement impliqué, interpellé et dans un sentiment d'impuissance et de souffrance personnelle face à un sujet conscient et craint sa douleur physique. Sa douleur nous atteint, nous fait mal, nous souffrons aussi. Parallèlement, la douleur psychique peut atteindre une intensité qui est à la fois sidérante pour le sujet mais aussi déstabilisante pour les personnes qui vivent avec lui ou qui ont la charge du soin. Ce type de situation est souvent le résultat de l'évolution d'une situation non prise en charge suffisamment têt. L'intensité de cette angoisse est en rapport avec des modifications graves de l'appareil psychique avec une perturbation :

    .de la vision de soi-même, d'autrui et des événements

    .de l'affectivité dans son intensité, sa labilité et de l'adéquation de la réponse émotionnelle

    .du fonctionnement interpersonnel

    .du contrôle des pulsions

    Cette description n'est pas exhaustive, l'angoisse est omniprésente en psychiatrie. Cependant, la dépression grave exprime une angoisse originale. En effet, le sentiment de culpabilité, le manque d'estime de soi, et la conviction désespérée d'un désastre personnel, imminent et irrésistible à type de châtiment expriment une douleur morale.

    L'angoisse peut prendre des masques somatiques en fonction de la personnalité du sujet. Dans ces cas, il s'agit de manifestations fonctionnelles de l'angoisse ou de maladies psychosomatiques (ulcères de stress, certains asthmes, etc...). Dans ce cas, il s'agit d'une expression organique de l'angoisse. L'appareil psychique exprime sa souffrance au travers du corps. Inversement une douleur corporelle conduit à une souffrance de l'appareil psychique

    La douleur psychique est le témoin d'une souffrance qu'il importe de ne pas banaliser. Il s'agit d'un signe précoce. Sa prise en considération doit conduire à une consultation spécialisée afin d'en connaître l'origine et de la traiter précocement.

     


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