• Prise en charge encore insuffisante de la douleur chronique en europe

    article de zoom sante, des laboratoires sanofi aventis

    Douleur chronique : une prise en charge encore insuffisante en Europe
    08.09.2005
    APM

    PARIS, 5 septembre (APM Santé) - Un cinquième des adultes européens souffrent de douleurs chroniques modérées à sévères, et la plupart d'entre eux ne bénéficient pas d'une prise en charge adéquate, déplorent les auteurs d'une enquête européenne publiée sur le site Internet de l'"European Journal of Pain".

    PARIS, 5 septembre (APM Santé) - Un cinquième des adultes européens souffrent de douleurs chroniques modérées à sévères, et la plupart d'entre eux ne bénéficient pas d'une prise en charge adéquate, déplorent les auteurs d'une enquête européenne publiée sur le site Internet de l'"European Journal of Pain".

    D'autres résultats de cette enquête -conduite par téléphone auprès de 4.839 personnes souffrant de douleurs chroniques (identifiées sur un échantillon total de près de 50.000 personnes) vivant dans quinze pays européens ainsi qu'en Israël- montrent que seul un patient douloureux sur cinquante est pris en charge par un spécialiste de la douleur et qu'un tiers des patients ne suit pas de traitement.

    Au total, 19% des adultes interrogés (9.500 personnes sur 50.000) ont rapporté être confrontés à des douleurs chroniques d'intensité modérée à sévère et affectant significativement leurs activités quotidiennes, sociales et professionnelles, indiquent les chercheurs norvégiens, italiens et britanniques réunis autour de Harald Breivik, du service d'anesthésie de l'hôpital universitaire Rikshospitalet d'Oslo.

    Cette proportion de douloureux chroniques dans la population générale varie de 12% en Espagne à 30% en Norvège. D'après les témoignages des personnes interrogées, le dos représente la localisation la plus fréquente de la douleur et la pathologie le plus souvent citée comme responsable de la douleur est l'arthrite.

    Les entretiens plus poussés auxquels ont répondu quelque 5.000 personnes douloureuses (soit environ 300 par pays) ont permis aux auteurs d'évaluer la répartition entre les douleurs modérées et les douleurs sévères (deux tiers et un tiers des participants, respectivement), ainsi qu'entre les douleurs constantes et les douleurs intermittentes (environ moitié-moitié).

    Ce sondage a également révélé l'ampleur de l'impact de la douleur sur tous les aspects de la vie du patient : 21% ont indiqué avoir reçu un diagnostic de dépression en lien avec leur douleur, 61% ont vu leurs capacités à travailler à l'extérieur du domicile affectées, 19% ont perdu leur travail et 13% ont dû changer de travail à cause de leur douleur.

    Concernant la prise en charge, 40% de ceux souffrant d'une douleur de longue durée ou récurrente (différente de la douleur chronique) ont jugé que leur douleur n'était pas prise en charge correctement, cette proportion de mécontents variant considérablement d'un pays à l'autre (avec un minimum de 27% à 29% pour la Finlande, le Royaume-Uni, l'Irlande et l'Allemagne et un maximum de 54% à 61% pour la Suisse, les Pays-Bas, la Belgique et le Danemark). Ces chiffres reflètent peut-être des différences d'ordre culturel et dans les habitudes de prise en charge de la douleur chronique d'un pays à l'autre, avancent les chercheurs.

    En dépit du fait que 23% des participants ont, à un moment ou à un autre, consulté un spécialiste de la douleur, seuls 2% étaient encore pris en charge par un algologue au moment où ils ont répondu à ce sondage. Pourtant, 60% d'entre eux ont consulté entre 2 et 9 fois leur médecin traitant au sujet de leur douleur au cours des six mois précédant l'enquête. "Cela suggère que les services spécialisés dans la prise en charge de la douleur restent encore difficilement accessibles pour une majorité de douloureux chroniques pour lesquels des soins spécialisés pourraient s'avérer bénéfiques", remarquent les auteurs.

    Sur l'ensemble des participants à ce sondage, les deux tiers suivaient un traitement antalgique sur prescription. Cette prise en charge ne se montre pas pour autant suffisante aux yeux des malades : 28% des personnes douloureuses ayant répondu à cette enquête pensent que leur médecin ne sait pas comment contrôler la douleur et plus de 60% des patients prenant un traitement antalgique sur prescription ont indiqué que leurs médicaments se montraient parfois inadaptés pour les soulager.

    Autre observation confirmée par cette enquête : l'engouement des personnes douloureuses pour les stratégies alternatives. Près des deux tiers des Européens ayant participé à ce sondage indiquent volontiers recourir aux approches non-médicamenteuses : massages (30%), kinésithérapie (21%) ou acupuncture (13%).

    Les données recueillies au cours de ce sondage donnent à penser que la douleur chronique représente "un problème de santé publique majeur en Europe", commentent les chercheurs. D'après eux, "ceci doit être pris plus au sérieux par les professionnels de soins et les décideurs responsables de la définition des politiques de santé et des allocations de ressources"./mr

    (European Journal of pain, édition accélérée en ligne du 10 août 2005)

     


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